09-6 - Villeneuve - rond-point Rol Tanguy


 

Henry Tanguy, du syndicalisme ouvrier aux Brigades Internationales en Espagne

Mieux connu, sous le pseudonyme de « Rol » (nom d’un brigadiste international mort sur le front de l’Ebre), comme l’un des principaux artisans de la libération de Paris en tant que Chef d’Etat-Major des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), il l’est beaucoup moins pour le rôle qu’il a joué au sein des Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne. Son engagement au côté de la République espagnole témoigne de sa compréhension pertinente du danger mortel encouru par les démocraties face aux forces conservatrices qui n’hésitent pas à s’allier aux fascistes et aux nazis pour maintenir, à leur profit, le peuple dans l’ignorance et le dénuement.

Jeunesse et politisation de Henry Tanguy

Henry Tanguy nait le 12 juin 1908 à Morlaix. Fils de marin, il connait les principaux ports militaires français. Muni de son Certificat d’Etudes Primaires, il quitte l’école dès l’âge de treize ans pour rentrer comme télégraphiste aux PTT de Brest. Après un passage dans une entreprise de taxis où il travaille comme apprenti mécanicien, il part, fin 1923, pour Paris avec sa mère et son frère. Il travaille chez le constructeur automobile Talbot à Suresnes.

A dix-sept ans, il est engagé comme carrossier à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt. Presque aussitôt, il adhère aux Jeunesses Communistes et devient responsable de la cellule de l’usine.
En 1926, il est licencié pour avoir participé à la grève générale déclenchée dans l’usine et surtout pour être syndiqué à la CGTU.

 Il travaille dans diverses entreprises parisiennes avant d’être envoyé dans un bataillon disciplinaire, à Oran, pour ne pas avoir respecté les règles du recensement militaire. Cet épisode lui permet d’acquérir de nombreuses compétences puisqu’il revient à la vie civile après être devenu combattant d’élite, soldat de 1re classe, mitrailleur mécanicien, télémétreur et armurier.

 A partir de septembre 1930, il travaille comme chaudronnier tuyauteur dans l’usine Breguet de Paris. Sportif cycliste, il n’oublie pas de se cultiver en lisant des auteurs de manière éclectique, de Lénine à Dante, en passant par Rabelais ou Diderot


L’émeute sanglante du 6 février 1934 dans les rues parisiennes, provoquée par les ligues d’extrême droite, cause une vingtaine de morts et plus de mille cinq cents blessés. Cet événement pousse Henry Tanguy à reprendre l’habit de
militant. Il créé dans son entreprise une cellule communiste et un syndicat CGTU.
En 1935, il est licencié pour avoir organisé une action revendicative car, à l’époque, aucune loi ne protège l’activité syndicale d’un ouvrier. Il ne trouve plus que des emplois dans de petites entreprises. Mais la fibre militante est toujours présente. Il devient le trésorier régional pour Paris des Jeunesses Communistes. Il n’hésite pas à se confronter aux groupuscules de la droite extrême comme les Jeunesses Patriotes. La même année,
Il adhère au Secours Rouge International ainsi qu’à la Fédération Syndicale Internationale.

Les grèves de juin 1936 l’amènent à prendre la tête du mouvement dans son entreprise, laquelle le licencie.

Le brigadiste international

Le 17 et le 18 juillet 1936, des généraux félons se soulèvent contre la République espagnole. En France, le Parti Communiste entreprend un intense soutien à la jeune République. Tanguy prend part aux prises de parole devant les entrées des usines parisiennes. De grandes collectes sont organisées au profit des Républicains espagnols. Tanguy organise le départ de volontaires pour aller combattre en Espagne dans les rangs des Brigades Internationales. Il manifeste son désir de rejoindre ces mêmes Brigades.

Début 1937, la situation politique et militaire plutôt confuse dans les rangs républicains espagnols et des pertes importantes parmi les brigadistes oblige André Marty, depuis Albacete, à faire appel, en février, à de nouveaux volontaires. Henri Tanguy répond à l’appel et il se rend à Albacete. Parti de la gare d’Austerlitz, le 19 février, il passe la frontière franco-espagnole juste avant sa fermeture, le 20 février, en vertu de la loi interdisant le recrutement de volontaires pour l’Espagne. Cette loi est votée quelques semaines auparavant à la suite de la politique de non-intervention suivie par la France.

Ses talents d’organisateur dans le mouvement syndical français et l’expérience acquise au cours du service militaire en Algérie, conduisent Tanguy à devenir le commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, puis de l’usine où sont fabriquées les grenades et où sont réparés les véhicules. Avec le grade de capitaine, il prend la direction de la main-d’œuvre étrangère dans les usines situées en zone républicaine.
En mai 1937, il est nommé Commissaire politique du parc automobile où il participe à la création du premier régiment de Train des Brigades : une centaine de camions modernes, avec camions-ateliers, dépanneuses et camions-citernes.


Mais, en octobre 1937, il rentre en France pour accomplir une période de réserve. L’obligation militaire terminée, il reprend ses fonctions syndicales, et il devient permanent du syndicat des travailleurs de la Métallurgie. En parallèle, il poursuit ses actions de solidarité avec la République espagnole. De nouveau, André Marty fait appel à lui.


Tanguy passe la frontière au Perthus, le franchissement a été soigneusement planifié par les communistes des Pyrénées Orientales. De retour à Albacete en février 1938, il s’occupe de préparation militaire en tant que commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara, dans la province de Cuenca.


La percée imminente des franquistes en direction de la mer Méditerranée, en avril 1938, oblige les brigadistes à regrouper leurs forces du côté catalan. Henri Tanguy reçoit la tâche d’acheminer, en train, 1 200 brigadistes présents à Albacete et dans ses environs. Le transfert est terminé le 15 avril, en passant par Tortosa, la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine.


Brièvement commissaire politique de la brigade installée à Olot avant la dissolution (
le gouvernement républicain ayant décidé d’intégrer les Brigades dans l’armée républicaine), il prend le poste de commissaire politique de la XIVe Brigade, dite « La Marseillaise ». Le 18 juin, lors du retour d’une visite de bataillon, sa voiture est prise sous le feu d’une mitrailleuse. Tanguy est blessé par une balle qu’il gardera dans l’omoplate toute sa vie.


Du 25 juillet
au 1er août 1938, il participe à la bataille de l’Ebre. L’échec de l’offensive républicaine dans ce secteur, débouche sur une guerre de position au cours de laquelle Henry Tanguy combat à
Tortosa et dans la Sierra Caballs.


Acculé, le chef du gouvernement républicain, Juan Negrín, cherche le soutien de la France et du Royaume-Uni afin d'obtenir des crédits supplémentaires, la levée de l'embargo sur les armes et le retrait des troupes étrangères qui soutiennent les franquistes. Pour ce faire, il décide, unilatéralement, la dissolution des Brigades Internationales, le 21 septembre 1938.


Entassés dans des wagons à bestiaux, Tanguy et les derniers volontaires rapatriés en France sont d
e retour le 13 novembre 1938, dans une zone à l’écart de la gare d’Austerlitz. Malgré cette tentative d’effacement, les brigadistes sont reçus par des milliers de parisiens qui les conduisent triomphalement à la Maison des Métallos. Henri Tanguy retrouve ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti Communiste.

Extrait des actualités publiées dans l’organe « Pasaremos » de la XIe Brigade Mixte

N° 266 du 16 juillet 1938 - Page 2 – Traduit de l’Allemand

« LE 14 JUILLET DANS LA BRIGADE LA MARSEILLAISE »

« Nos camarades de la Brigade « La Marseillaise » (XIVe Brigade) ont fêté le 14 juillet. La caserne et les logements de la Brigade ont été décorés, sans oublier la nécessité de la protection antiaérienne. Il y avait beaucoup de banderoles reprenant les slogans du Front Populaire. Sur l'une d'elles était écrit : « Les volontaires 'sans chaussures' de 1938, saluent les volontaires 'sans culottes' de 1789. » ... Dans l'après-midi une grande manifestation a eu lieu présidée par le lieutenant-colonel « El Campesino » à laquelle André Marty et Jean Catelas, député de la Somme, ont assisté. A la fin, le serment du 14 juillet a été prononcé, ce qui pour l'Espagne d’aujourd’hui signifie « Unité, discipline et tous ensemble avec le gouvernement du président Negrín. »

Les Brigades Internationales

Avant octobre 1936

Dès le début du soulèvement franquiste, un certain nombre de réfugiés politiques prennent part au combat antifasciste auprès des Républicains espagnols. Ils viennent pour la plupart de pays fascistes ou nazis comme l’Italie ou l’Allemagne. Ils ont été contraints de s’exiler en raison de leurs convictions politiques. Ce sont des progressistes, socialistes, communistes ou anarchistes. A ce premier groupe de volontaires vient s’agréger un autre contingent d'étrangers qui, à partir du 18 juillet, arrivent en Espagne par leurs propres moyens. Leur motivation est politique. Il s’agit pour eux de sauver un régime clairement attaqué par des forces étrangères antidémocratiques. Un troisième groupe est constitué par certains participants aux Jeux olympiques populaires de Barcelone. Cette compétition est internationalement organisée par des forces de gauche en opposition aux jeux officiels qui se déroulent au même moment en Allemagne nazie. Des athlètes de différents pays rejoignent les combats de rue à Barcelone, participent à l'érection de barricades et l’occupation de l'hôtel Colón. La plupart des athlètes rentrent dans leurs pays respectifs dès le 24 juillet 1936. L'athlète autrichien Mechter, décédé le 19 juillet, est considéré comme le premier volontaire étranger à être tué au combat.

La création des Brigades Internationales

A la demande de Staline, le secrétariat de l'Internationale Communiste, organise les Brigades Internationales dès le 18 septembre 1936. La responsabilité du recrutement et de l’organisation est confiée au communiste français André Marty. Qualifiés de « volontaires de la liberté » par les Républicains espagnols, les recrues affluent du monde entier. Les plus nombreux sont les Français, environ 10 000. D'Allemagne, d'Italie ou de Pologne arrivent des opposants aux régimes dictatoriaux en place. Les démocraties, comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, constituent un vivier important de brigadistes. La classe ouvrière internationale est la principale pourvoyeuse mais de nombreux intellectuels se joignent au mouvement, tels Ernest Hemingway, George Orwell, André Malraux ou Gustav Régler. En tout, pas moins de cinquante-trois nationalités accourent au secours de la République espagnole. La composition idéologique des volontaires est tout aussi diverse. Si les communistes sont les plus nombreux, la part des libertaires et anarchistes est non négligeable.

Le gouvernement de la République, présidé par le socialiste Francisco Largo Caballero depuis le 4 septembre 1936, considère dans un premier temps que les brigades sont formées et pilotées par le Komintern (Internationale Communiste) et son parti affilié en Espagne, le PCE. Il n’est pas le seul à exprimer cette idée. Des groupes anarchistes sous la direction de la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI) bloquent l'entrée d’un millier de volontaires antifascistes à la frontière. L'opinion de ces secteurs au sein du camp républicain change en octobre 1936. L'avancée des franquistes vers Madrid met en évidence la situation militaire critique de la République. Le recrutement d'un maximum de soldats devient urgent.

Le siège international du recrutement est implanté à Paris. Il fonctionne sous la direction du Parti Communiste de l'Union Soviétique et du Parti Communiste Français. Avant que les recrues puissent entrer en Espagne, l’administration républicaine établit les papiers nécessaires et les envoie à Paris. Les volontaires quittent Paris par le chemin de fer, en direction de Barcelone. A la gare d’Austerlitz, le train de nuit n° 7 est bien connu pour effectuer le transport des brigadistes. Ensuite, ils sont acheminés à Albacete, où est installé le quartier général et le centre d'entraînement des Brigades internationales. Mais Paris n’est pas le seul point de départ des volontaires pour l’Espagne. L’étude de Pierre Robin, ci-dessous, éclaire l’attitude de certains lot-et-garonnais quant à leur engagement pour l’Espagne républicaine.

Le 14 octobre 1936, des volontaires français, belges, italiens et allemands arrivent à destination. Les premières brigades (XI, XII et XIII) sont constituées. Des bataillons sont formés au sein de chaque brigade. Ils sont généralement composés de volontaires de même nationalité pour faciliter la communication entre les hommes.

Le 22 octobre, le gouvernement républicain officialise les Brigades Internationales, et désigne le président des Cortes, Diego Martinez Barrio, pour organiser leur approvisionnement en vivres et en fournitures. Le 23 octobre, le président du Conseil des ministres, Largo Caballero, crée la División Orgánica d'Albacete en charge de l'assistance des volontaires étrangers. Le communiste français André Marty, secrétaire général du Komintern, est nommé chef de la base d'Albacete. Commence alors une période de formation militaire. Les volontaires sont répartis dans différents centres d’instruction. Le nombre de volontaires internationaux passés par Albacete est estimé entre 35 000 et 40 000 combattants dont plus de 1 600 femmes. Lorsque les Brigadistes sont remerciés par la République espagnole, au début de l’automne 1938, on estime les pertes en hommes à environ 10 000.

Ordre de bataille de la XIVe Brigade « La Marseillaise »

La XIVe Brigade « La Marseillaise », dans laquelle Henry Tanguy fut commissaire politique en 1938, a été levée le 20 décembre 1936 avec des volontaires principalement français et belges. Après la bataille de Brunete (6-25 juillet 1937), l'effectif de la brigade passe de quatre à deux bataillons.  Les bataillons affectés à cette brigade à différents moments sont :

·         Bataillon de la Commune de Paris ;

·         Bataillon Domingo Germinal ;

·         Bataillon Henri Barbusse ;

·         Bataillon Louise Michel I ;

·         Bataillon Louise Michel II ;

·         Bataillon La Marseillaise ;

·         Bataillon Pierre Brachet ;

·         Premier bataillon avancé ;

·         Bataillon des Neuf Nations ;

·         Sixième bataillon de février ;

·         Bataillon Vaillant-Couturier

Les principales batailles

Madrid

Fin octobre 1936, les franquistes occupent quelques faubourgs de Madrid. Du 4 novembre 1936 à février 1937, pour enrayer l’avance des rebelles, les brigades XI, XII et XIV sont dépêchées d’urgence dans la capitale espagnole. Leur quartier général est installé à la Faculté de Philosophie et elles participent à la défense de la Casa de Campo, de la route stratégique de Valence, de la cité universitaire et des accès à la Sierra de Guadarrama.

Le Jarama

Du 7 au 27 février 1937, les Britanniques et les Américains de la XVe Brigade s’illustrent lors de la bataille de la rivière Jarama. La XIe arrive sur le front le 12. Le pont d'Arganda est victorieusement défendu par le bataillon Garibaldi dans lequel combattra le lot-et-garonnais Antoine Piñol. Sur le plateau de Morata, les brigades internationales XI et XV, ralentissent la progression des franquistes. De durs combats se déroulent jusqu'au 27 février, sans que le front bouge notablement.

Guadalajara

Après le bombardement massif par leur artillerie, la veille, les Italiens lancent, le 9 mars 1937, une attaque sur les lignes Républicaines. Les conditions météorologiques ne permettent pas aux Italiens de déployer leurs chars lourds. A midi, l'avance italienne est brusquement stoppée par trois bataillons des Brigades Internationales, « Ernst Thälmann », « Edgar André » et « Commune de Paris ». Le 10 mars, les Italiens reprennent leur attaque mais sans grand succès, face aux XIe et XIIe Brigades Internationales, arrivées en renfort. Le lendemain, 11 mars, les Italiens parviennent à repousser ces deux Brigades, mais les fortes pluies transforment les routes en bourbier, ce qui arrête leur avance. Sans appui aérien parce que leurs aérodromes de campagne sont inutilisables, les Italiens sont défaits par l’armée Républicaine. Le soir du 17 mars 1937, le front se stabilise tandis que l'aviation républicaine détruit les cibles ennemies sans rencontrer de véritable résistance. Entre le 19 et le 23 mars, les Républicains regagnent le terrain perdu et les Italiens reviennent à leurs positions précédentes en ayant perdu la plupart du matériel.

Belchite

La bataille de Belchite, du 26 août au 10 septembre 1937, est liée à la tentative Républicaine de reprendre Saragosse. Belchite est une place forte tenue par les franquistes. Les Républicains considèrent que cette ville est un danger pour l’approvisionnement de leurs lignes dans le cadre de leur progression vers la capitale aragonaise. L'assaut de la ville est confié à la XVe Brigade Internationale. Le 31 août, les brigadistes parviennent à atteindre l'usine huilière. Les 3 et 4 septembre les combats se succèdent de maison en maison. Le 5, l'église est prise par les forces républicaines, au prix d'importantes pertes. Les Brigades Internationales sont retirées du théâtre des opérations ce jour-là.

L’intégration dans l’armée régulière

Les maigres résultats obtenus du côté républicain et la méfiance manifestée par le ministre socialiste Indalecio Prieto à l’égard des Brigades conduisent le gouvernement républicain, peu après la bataille de Belchite, à intégrer ces brigades dans l'Armée Populaire Républicaine. En réalité, il s’agit de soustraire ces unités combattantes des mains du Komintern et du PCE. Mais cette intégration reste lettre morte parce que l’URSS fournit la quasi-totalité des armes et des conseillers militaires pour la République. L’Internationale Communiste garde donc la main sur les Brigades.

Caspe

Le 7 mars 1938, les franquistes provoquent la rupture du front dans l’extrême nord de la province de Teruel. La situation est tellement grave que le chef d'état-major républicain, le général Vicente Rojo, installé à Caspe appelle en renfort toutes les Brigades Internationales qu'il est possible de rassembler. Les franquistes entreprennent le siège de la ville. Les XIe, XIIe, XIVe et XVe Brigades Internationales prennent part au combat. Malheureusement, la XIe Brigade est anéantie après une semaine d’intenses combats. La désorganisation est totale. Elle force André Marty, l’inspecteur général des Brigades, à se rendre sur le front d'Aragon pour réorganiser le commandement. Au crépuscule du 17 mars 1938, Caspe tombe aux mains des rebelles.

Dès avril 1938, et compte tenu de l'extrême difficulté de compenser les pertes en vies humaines par d’autres volontaires venant de l’étranger, la France a fermé la frontière, les brigades sont dans l’obligation d’incorporer un grand nombre de recrues espagnoles. Du coup, la proportion d'étrangers commence à devenir minoritaire dans presque tous les bataillons.

La Despedida

L'offensive d'Aragon du printemps 1938 qui coupe l’Espagne Républicaine en deux est un vrai désastre pour la République. Le président du gouvernement Juan Negrín tente de sortir par le haut en proposant un plan en treize points pour régler le conflit. Le point le plus important concerne le retrait de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire espagnol.

Le 21 septembre 1938, le président Negrín annonce devant l'Assemblée Générale de la Société des Nations à Genève, le retrait immédiat et sans conditions de tous les étrangers qui combattent dans les rangs républicains. Cette décision unilatérale est motivée par l’espoir de voir les Allemands et les Italiens quitter le sol espagnol. Un mois plus tard, le 28 octobre 1938, les Brigades Internationales (il reste moins de 10 000 volontaires) défilent pour la dernière fois dans les rues de Barcelone devant 250 000 personnes, c’est la Despedida. Peine perdue, seuls les Italiens retirent 10 000 hommes sur un contingent de 40 000 combattants.

La répression franquiste

Le sort réservé aux brigadistes capturés par les franquistes rend compte de la bestialité de ces derniers. Tous les brigadistes originaires d’Allemagne et d’Autriche sont remis aux Nazis pour aller croupir dans les camps de concentration allemands après être passés par les geôles de la Gestapo. Ils mourront en captivité. Des 4 000 brigadistes aux mains des franquistes, environ cent-cinquante sont passés par les armes. Le reste est envoyé dans des camps de concentration dont le plus connu est celui de San Pedro de Cardeña, près de Burgos.

Outre les conditions effroyables de survie dans ce camp, dénoncées par des visiteurs internationaux, certains Brigadistes sont soumis à des expériences médicales. Cette déviance qui consiste à considérer un être humain comme un objet d’études de laboratoire est comparable à ce qui se passe dans les camps allemands. Sous la férule du chef des services psychiatriques militaires de Franco, Antonio Vallejo-Nájera[1], le Mengele espagnol, les théories raciales et eugéniques sont mises à l’épreuve de l’idéologie fasciste. Les conclusions sont sans appel : ces détenus étrangers sont des individus « dégénérés » et « anormaux », en raison de l’influence néfaste de la démocratie et du suffrage universel prévalant dans « l'environnement culturel et social américain » où « la débauche sexuelle sert de stimulant ». Les détenus aux traits asiatiques, mulâtres ou africains sont photographiés et filmés afin d’être ridiculisés dans les reportages de propagande fasciste.

En 1943, les derniers brigadistes sont libérés des prisons et des camps de concentration de Franco. La date n’est pas anodine : cette année-là correspond à la défaite allemande dans Stalingrad face à l’Armée Rouge de Staline. Franco comprend que les carottes sont cuites pour Hitler et ses soutiens. Il entreprend un long chemin pour obtenir les faveurs de l’Amérique. Ce rapprochement ne sera effectif que grâce aux effets de la Guerre Froide qui conduira le président Eisenhower à lui rendre visite à Madrid plus de dix ans après.

Solidarité « combattante » : les volontaires lot-et-garonnais et les Brigades Internationales

Extraits de la conférence de Pierre Robin « Solidarité avec l’Espagne Républicaine » donnée lors de la Journée de Rentrée de MER47, le 19 septembre 2021 :

« […] Ce sont d’abord des Espagnols immigrés qui partent s’enrôler dans les armées républicaines, les plus nombreux sont des métallurgistes de l’usine de Fumel, mais aussi des ouvriers d’Agen. Selon nos sources[2], plusieurs départs collectifs ont eu lieu, un premier qui regroupait plus d’une dizaine d’Espagnols a pris le train en gare d’Agen au début août 1936[3]. Le deuxième départ concerne sept jeunes de Villeneuve-sur-Lot[4] (quatre Espagnols et trois Français). Ensuite ce sont neuf immigrés (huit Espagnols et un Russe) qui quittent Agen pour l’Espagne, le 31 janvier 1937[5]. Les volontaires lot-et-garonnais pour les brigades internationales partiront eux, plutôt en ordre dispersé et individuellement dans le courant de l’année 1937. C’est le cas par exemple, de Gustave Ducros, dirigeant des Jeunesses Communistes de Port-Ste-Marie, 35 ans, membre des comités antifascistes qui fin avril 1937, rejoint les brigades, ou de Raoul Carrère[6] de Lavardac, entrepreneur de 26 ans, qui part en Espagne en novembre 1936[7], ou encore de Jean Massieu de Tonneins, maréchal ferrant de 42 ans, communiste […]. Un homme semble avoir été le pivot de l’organisation des départs en Lot-et-Garonne, Jean Pouzoulet (lui-même brigadiste, grièvement blessé en Espagne[8]), du moins jusqu’à son propre engagement, en mai 1937. Selon les témoignages de Jules Saby[9], jeune ouvrier pâtissier, communiste et syndicaliste en 1936, c’est lui qui était chargé par le Parti Communiste départemental de prendre les contacts, d’organiser les réseaux, de suivre les demandes et de planifier les itinéraires. […] Plusieurs, parmi ces volontaires, firent plusieurs mois de guerre et furent blessés. L’essentiel des « engagés » furent des communistes, membres ou proches du PC, mais on trouve aussi des socialistes, comme André Eymard, employé de banque à Agen, militant de l’aile gauche de la SFIO en 1936, qui part combattre en Espagne dans les rangs des milices du POUM, il est envoyé sur le front d’Aragon d’où il adresse une correspondance aux socialistes d’Agen, publiée dans leur presse.

Dans le but sans doute de galvaniser les énergies solidaires face à une situation militaire qui empire dramatiquement sur les différents fronts, en mettant en avant l’exemple des hommes qui ont tout sacrifié et mis leur vie en danger pour la cause antifasciste, des témoignages de brigadistes originaires du Lot-et-Garonne commencent à apparaître dans la presse à partir de janvier 1938. Le Travailleur du Lot-et-Garonne publie ainsi le témoignage de Camille Mendouze[10], qui, alors qu’il se trouve encore en Espagne, envoie un message à destination de ses camarades lot-et-garonnais[11] : « … Il y a plus d’un an que certains de nos camarades partaient pour l’Espagne. Beaucoup, alors, même des meilleurs antifascistes ne comprenaient pas la portée de notre geste. On croyait encore à la non-intervention, et, on pouvait penser que les affaires d’Espagne se régleraient entre Espagnols. Aujourd’hui, les masques sont tombés, non seulement Hitler et Mussolini font la guerre, ouvertement, cyniquement, mais il est avéré que la non-intervention cache l’étroite solidarité des capitalistes, une véritable complicité des gouvernements prétendument démocratiques… Certes, nous ne sommes pas des patriotes, des nationalistes. Avant d’être Français, nous sommes citoyens du monde, et c’est en tant qu’internationalistes, que nous sommes venus en Espagne défendre la liberté du monde, mais lorsque les ennemis de l’Humanité menacent le pays qui nous a vus naître et où vivent nos familles, nous éprouvons encore plus ardemment, le besoin de le défendre[12]… Je compte bientôt venir en permission au pays… si la situation le permet. Je pense profiter de l’occasion pour secouer l’indolence de certains camarades. Allons, camarades ! Ne méritons pas les reproches de ces braves défenseurs de la République espagnole ! Au travail pour l’aide à l’Espagne ! »[13].

En novembre 1938, le gouvernement Negrin demande aux brigades de rentrer en France, les combattants regagnent alors leurs villes d’origine. À Agen, un comité d’accueil organisé par la SPF, se rend à la gare pour accueillir cinq brigadistes Lot-et-garonnais qui rentrent du front. Parmi eux, deux Agenais, un communiste et un antifasciste. Ils sont entourés chaleureusement au siège du Secours Populaire, où ils déclarent leur confiance dans la victoire finale de l’Espagne : « nous avons souvent souffert de la faim et combattu le ventre vide, mais nous sommes heureux d’avoir aidé le vrai peuple d’Espagne ». Ils se rendent ensuite au siège du PC où les attendent cinquante militants, des orateurs, dont le représentant du groupe départemental des volontaires brigadistes, Longuez, rendent « hommage à leur courage et à leur abnégation »[14]. »

Les Brigades et la solidarité médicale internationale

Dès le mois d’août 1936, venus de nombreux pays comme le Royaume-Uni, la France, la Suisse… des volontaires issus du monde sanitaire, hommes et femmes, des ambulances, des hôpitaux de campagne affluent dans l’Espagne Républicaine. Leur présence compense la déstructuration du système de Santé. Une partie du camp républicain entretient de difficiles relations avec le monde médical. La Croix-Rouge espagnole n’est pas la bienvenue et part chez les franquistes. Les religieuses qui forment l’ossature du système de Santé quittent les hôpitaux par conviction politique ou sont tout simplement chassées. Les médecins dits bourgeois sont souvent ostracisés et partent dans le camp adverse.

Parallèlement à la création des Brigades Internationales, deux services sont mis sur pied : le Service Sanitaire International (SSI) et la Centrale Sanitaire Internationale (CSI). Au départ, leur objet est de pourvoir aux besoins médicaux des Brigades Internationales, le SSI est créé entre décembre 1936 et janvier 1937. C’est le résultat de la collaboration de médecins communistes français et de missions sanitaires internationales déjà présentes en Espagne. Le SSI réunit trois acteurs majeurs : l’Internationale Ouvrière Socialiste (IOS), la Fédération Syndicale Internationale (FSI) et l’Internationale Communiste (IC). Cette unité de fonctionnement permet au SSI de se doter d’une structure aux ramifications internationales, en janvier 1937 : la Centrale Sanitaire Internationale d’aide à l’Espagne républicaine (CSI).

La perte des poches républicaines du littoral atlantique, en 1937, provoque un élan de solidarité internationale en faveur des enfants réfugiés basques, cantabriques et asturiens. Il est à l’origine de la création de l’Office International pour l’Enfance, qui, lui aussi, travaillera pour les Brigades.

Lors de l’intégration des Brigades Internationales dans l’Armée Populaire de la République, le gouvernement sépare l’organisation sanitaire internationale du commandement des Brigades situé à Albacete. Le SSI devient, en janvier 1938, la Ayuda Medical Extranjera, rattachée à l’Armée de Terre républicaine. Mais il conserve une partie de ses attributions auprès des Brigades.

Le recrutement du personnel médical pour le SSI ne souffre pas les mêmes restrictions que celui des volontaires pour les unités combattantes (la non-intervention ne s’applique qu’à l’aide militaire). La diffusion des appels à candidater se fait de manière ouverte. Le recrutement s’adresse à des médecins, des pharmaciens, des dentistes, des infirmiers. Les postulants sont aussi bien des hommes que des femmes. Les attributions des hôpitaux internationaux ne s’arrêtent pas aux soins prodigués aux seuls brigadistes. Ils prennent aussi en charge la population civile, en particulier les accouchements.

Les conditions de vie de ces volontaires sanitaires ne sont pas meilleures que celles des combattants. Les bombardements des hôpitaux et les épidémies sont leur lot quotidien. En particulier l’épidémie de typhus qui sévit durant l’été 1938.

 



[1] Ce médecin est chargé de réaliser une étude qui démontre l'infériorité mentale des personnes d'idéologie marxiste. Vallejo-Nájera dirige, en 1938, une étude sur les prisonniers de guerre républicains pour déterminer quelle malformation conduit au marxisme. Il cherche le gène rouge. Dans ses études, il affirme que les femmes républicaines ont un comportement proche de celui des enfants et des animaux lorsque les liens sociaux sont brisés. Elles sont dépourvues d'inhibition et manquent de discernement ce qui fait que leurs sentiments sont pathologiques. Pour Vallejo-Nájera, la République marxiste libère les tendances sadiques des femmes de basse extraction ou de celles qui se laissent séduire par cette idéologie diabolique.  Pour éliminer ces êtres malfaisants, il préconise le retour de l’Inquisition, seule capable de faire régner l’ordre. 

 

[2] Le Travailleur du Lot-et-Garonne et ADLG, 4M333, Brigades internationales, 1825 W40.

[3] José Echeveste, 31 ans, Pedro Jodar, 21 ans, Francisco Manzanera, 30 ans, Salvador Martin, 41 ans, Manuel Puig, 48 ans…

[4] Antonio Piñol, mécanicien à Villeneuve, Joseph Palacin, ouvrier carrier, Maurice Laprade, ouvrier d’usine à Villeneuve, René Bernié, manœuvre à Villeneuve, certains d’entre eux seront refoulés à la frontière. Dans le journal l’Express du midi, un militant villeneuvois des Croix-de-Feu met en cause publiquement l’organisation par la PC de Villeneuve de filières de recrutement pour l’Espagne. Il dénonce « le bourrage de crâne marxiste » et les « pourvoyeurs de chair à canon » qui envoient des jeunes à la mort. L’enquête de police qui suit cet article suggère que ce sont les membres du comité de soutien aux réfugiés espagnols, membres de la cellule communiste qui se réunit dans un bar de la ville, qui ont recruté et encouragé les jeunes à s’engager en Espagne (ADLG, 4M333).

[5] Fin décembre 1936, Joachim Guart, immigré espagnol de Mézin s’enrôle dans les rangs gouvernementaux. Des antifascistes italiens immigrés en Lot-et-Garonne, comme Luigi Martelli de Miramont choisissent également de franchir la frontière pour se battre.

[6] Né le 19 janvier 1910 à Barbaste, R. Carrère fut volontaire en Espagne républicaine du 16 novembre 1936 à décembre 1938. Il servit dans l'artillerie puis dans le 1er bataillon de la 14e Brigade internationale. Il fut blessé.

[7] Le départ s’est fait clandestinement, sans publicité, comme de nombreux autres départs. Il est parti un soir sans rien dire à sa femme et à ses trois enfants. Les renseignements généraux mettront en cause l’influence du responsable communiste Irénée Amat, bouchonnier de Barbaste, qui viendra rassurer quelques jours après l’épouse de Carrère et qui lui transmettra un an après (en novembre 1937) une lettre de son mari : « Je donne des nouvelles très courtes… Je suis obligé de faire comme les autres … marcher en Espagne, bien fatigué… Donne des nouvelles à ma famille, maintenant, Irénée, tu ne pourras pas dire que je ne suis pas dans l’action… ». Les R.G soupçonnent Amat de faire partie des organisateurs des réseaux de recrutement pour l’Espagne. En tant que responsable commercial de la Société coopérative du liège où il est comptable, il se rend souvent à Bordeaux et ses déplacements coïncideraient avec des départs de volontaires…

[8] Né le 22 novembre 1911 à Fumel, fils d'un manœuvre, Jean Pouzoulet fut volontaire en Espagne républicaine de mai 1937 à l'automne 1938, date du retrait des Brigades internationales. Il appartint à la batterie « Anna-Pauker » et fut blessé au bras gauche au Jarama, sur le front de Morata de Tajuña. Il servit ensuite comme sergent-chef et instructeur des recrues espagnoles dans la 14e Brigade internationale. Il combattit à Amposta lors du passage de l'Ebre et fut blessé légèrement au poumon gauche.

[9] Interview réalisé en. Jules Saby a été tenté lui aussi de partir en Espagne, mais une rencontre amoureuse et un mariage l’en ont dissuadé.

[10] Né le 18 octobre 1905 à Clermont-Dessous, Camille Mendouze, ouvrier agricole, fut volontaire en Espagne républicaine du 24 décembre 1936 à février 1938 et appartint comme lieutenant au 20e bataillon de la 86e Brigade Internationale[10].

Fin février 1938, avec sans doute le même objectif : combattre le pessimisme qui se développe au sujet des perspectives de victoire des républicains et pour ranimer les ardeurs militantes, le travailleur publie une autre lettre d’un combattant lot-et-garonnais des brigades, Alexis Audéon, qui combat en Espagne depuis novembre 1936. Au vu de la gravité de la situation, le discours enthousiaste et volontariste du jeune brigadiste est particulièrement émouvant : « l’armée populaire de l’Espagne républicaine supporte les avalanches d’obus et les intempéries avec bonne humeur : la figure de ses soldats rayonne de la certitude de la victoire malgré la puissance de nos ennemis fascistes… », (né en 1910, célibataire, boulanger domicilié à Verteuil-d'Agenais, membre du Parti communiste et de la CGT, Alexis fut volontaire en Espagne républicaine à partir du 19 novembre 1936. Affecté dans l'Artillerie des Brigades internationales, il fut blessé. On le rapatria après octobre 1938).

[12] L’argumentation de Mendouze pour sensibiliser ses amis lot-et-garonnais insiste sur le danger qui dorénavant avec la domination fasciste sur le Pays basque, menace directement notre pays : « … La menace n’est pas vaine, les faits parlent encore plus clairement que les hommes. La France est encerclée, les communications avec l’Afrique du Nord sont pratiquement coupées, Bayonne, Pau et Tarbes sont à la portée des canons allemands, Bordeaux, Toulouse et Agen à quelques heures de vol de Pampelune, c’est-à-dire que les bords de la Garonne ne sont nullement à l’abri d’un bombardement aérien… Or nous qui couchons dans les tranchées, nous qui avons tremblé de toutes nos chairs sous les tirs de barrage, nous qui avons vu les mères espagnoles, sous les bombardements aériens, serrer leurs enfants dans leur bras, dans un geste instinctif de protestation impuissante, nous voulons éviter à notre pays, les horreurs de la guerre d’Espagne… »

[13] Ce texte est intéressant à plus d’un titre. D’abord, les déclarations et le ton et ne sont plus tout à fait ceux du début de l’engagement aux côtés de l’Espagne en lutte. La dénonciation de la non-intervention et la critique des gouvernements pseudo-démocratiques européens (donc du gouvernement de Front Populaire !) sont beaucoup plus virulentes et se font au nom de l’internationalisme, référence qui n’apparaissait que très peu en 1936, alors que le PC voulait absolument maintenir l’unité avec ses autres partenaires, et surtout avec les radicaux qui ne pouvaient se retrouver dans ce thème idéologique (voir la déclaration d’Emile Labrunie de 1936 qui ne condamne pas aussi ouvertement la non-intervention). Ensuite, il mérite que l’on s’interroge sur le fait que jusque-là la presse communiste départementale n’ait fait aucune mention de l’engagement de lot-et-garonnais dans les brigades, ni à fortiori lancé d’appels à les rejoindre, alors que, comme le rappelle Mendouze, cela fait plus d’un an que certains d’entre eux sont partis combattre. Un des raisons est sans doute, celle qui est avancée précédemment pour expliquer la radicalisation des propos : il était affirmé pour maintenir la cohésion et l’accord de forces politiques aux programmes divergents dans le passé, que c’était le blocus qu’il fallait dénoncer, le refus de la libre circulation des marchandises et en particulier des armes à travers les Pyrénées, mais que l’intervention directe, militaire, en envoyant par exemple des hommes s’engager dans les armées républicaines ne rentrait pas dans ce schéma.

[14] Le 22 janvier 1939, une autre campagne de collecte départementale est organisée, cette fois-ci au bénéfice des volontaires brigadistes, dont certains sont restés prisonniers des rebelles, d’autres sont blessés ou mutilés, d’autres enfin sont morts sur les champs de bataille laissant derrière eux, femmes et enfants.

 

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